lundi 27 avril 2015

Lidwine de Royer Dupré : BEFORE OUR LIPS ARE COLD



Lidwine est une chanteuse que j’ai découverte récemment, elle m’a envoyé le lien d’une de ses reprises de Beyoncé « run the world » et j’ai écouté par la même occasion ses chansons que je trouve poétique, elle utilise des instruments traditionnels tels qu’une harpe, un harmonium qu’elle marie avec de la musique électronique. J’ai voulu vous faire découvrir cette artiste atypique, voici mon interview avec elle.




Lidwine pour ceux qui ne te connaissent pas encore peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je suis musicienne autodidacte, auteure et compositrice. J'ai à mon actif 2 maxis (ou ep), sortis en 2010 et 2012 et un premier album Before Our Lips Are Cold, sorti en octobre dernier.

A quel âge as-tu commencé à chanter ?

Vers 18 ans, j'ai suivi une année de cours de chant lyrique. Mais c'est un peu plus tard, vers 23 ans que suite à un problème de nodules sur mes cordes vocales, j'ai réellement commencé un travail avec un professeur de technique vocale que je vois toujours. Parallèlement à ce travail, j'ai commencé à écrire mes propres morceaux et donc à chanter régulièrement.

J’ai pu voir sur tes vidéos que tu joues de l’harmonium indien, la harpe et le piano je crois, comment t’es venu l’envie d’apprendre à jouer de tous ces instruments ?

J'ai trouvé par hasard un harmonium indien, passage Brady à Paris, et suis tombée amoureuse de l'instrument en l'essayant. Cet harmonium a été mon premier instrument. J'ai commencé à en jouer de manière très spontanée pour accompagner ma voix. La harpe est venue plus récemment (il y a un peu plus de 4 ans maintenant). J'avais une autoharp (un instrument à 36 cordes de la famille des zithers) et lorsque j'ai eu un peu d'argent, j'ai décidé d'acheter une harpe. J'ai pris 2 ans de cours avant de me lancer seule. 

Je ne joue pas encore de piano, mais compte bien m'y mettre prochainement.

Tu es auteur, interprète, quel est ton processus de création en générale ?

Je n'ai pas de recette. Parfois les mots sont déjà là, parfois c'est la musique qui vient en premier. Parfois cela démarre sur un de mes instruments acoustiques, d'autres fois, cela commence par un travail sur ordinateur avec mon logiciel de musique.

Est-ce que tu t’occupes aussi du design de ton album, des clips ou tu préfères que ce soit ton label qui s’en charge ?

Je n'ai pas de label. C'est un choix motivé par ma volonté de rester totalement libre et de n'avoir à répondre qu'à mes propres contraintes et à mes propres désirs.
Par conséquent, je m'occupe moi-même de ma promo ainsi que de tous les aspects visuels en lien avec ma musique. J'ai la chance d'avoir des amis photographes, graphistes, webmasters, vidéastes très doués et toujours prêts à participer. Récemment, je me suis mise au montage vidéo. Mes deux dernières vidéos sont le fruit de mes premiers pas dans ce domaine (The Pool, Run The World).






Comment qualifierais-tu ton style musical ?

Question à 1000 €... Je n'en sais rien. Il me semble que les étiquettes musicales deviennent de plus en plus complexes et je préfère laisser ce travail périlleux aux journalistes musicaux.

Tu as sorti ton premier EP en 2010, ce qui veut dire que depuis 5 ans tu es sur la scène musicale, tu as un univers et un style bien à toi et pourtant la majorité du public ne te connaît pas, pour quelle raison ?

Il y a certainement plusieurs raisons à cela, mais je pense que la principale est que sans label (et/ou sans attaché de presse), il est très difficile d'accéder aux médias presse et aux radios. Du coup, le travail de promotion et de visibilité se fait uniquement par le biais des médias en ligne (webzines, blogs, YouTube, réseaux sociaux) et via les concerts. D'ailleurs, j'ai la chance de travailler depuis 1 ans et demi avec une très chouette et dynamique agence de booking : Les Tontons Tourneurs. En outre, il y a profusion de nouveaux artistes et de sorties d'albums. Les gens sont bombardés de nouveautés et d'informations. Ce n'est pas toujours facile d'être visible et identifiée au milieu de tout ça, cela prend du temps. Je suis consciente que mon choix d'indépendance engendre certaines difficultés, mais je suis convaincue que ce qui compte c'est le travail sur la longueur. Construire doucement, mais solidement un public qui voudra bien me suivre dans mes pérégrinations musicales. Rien ne sert de courir...

Dans ton dernier album, il y a deux chansons que j’apprécie beaucoup,  « The pool » et  « Before our lips are cold » dont le clip me fait penser au style de Björk, peux-tu nous en parler ?

Le clip de Before Our Lips Are Cold a été réalisé par Eve Dufaud. Il s'agissait de son tout premier clip en tant que réalisatrice (elle avait à son actif des courts-métrages et de nombreuses vidéos publicitaires). Je suis arrivée avec une idée précise sur ce que devait évoquer la vidéo : une femme qui part en campagne, qui réclame des comptes, la constitution d'une petite armée. Nous avons ensuite discuté et développé ensemble cette idée de transformation et de duplication et trouvé les moyens de la réaliser. Eve a réuni une superbe équipe de tournage et de post production et le tout s'est fait dans la bonne humeur et la joie, malgré le froid (le studio n'était pas chauffé), quelques cascades sur le tapis roulant de ma part et une presque intoxication aux fumigènes bleus !






J’ai lu que tu apprécies des artistes tels que Prince, M.I.A, Beyoncé, qu’aimes-tu chez eux ?

Prince, c'est un peu mon amour d'adolescence. J'admire le musicien proteïforme et prolifique qu'il est. Je pense avoir beaucoup appris en écoutant ses productions. Prince, c'est aussi tout un univers esthétique et j'aime les artistes qui ont une proposition globale et une forte identité. Même si cela fait longtemps maintenant que je ne le suis plus, je réécoute toujours avec un énorme plaisir certains de ses anciens albums (Parade, Purple Rain, Come, etc…).

Je n'avais jamais acheté d'album de Beyoncé avant le dernier en date. Mis à part un, deux, voire trois morceaux vraiment intéressants, je trouvais le reste assez mièvre. Avec le dernier, ce n'est pas le cas. Tout comme Kanye West avec son album Yeezus, elle est capable de sortir des morceaux aux productions audacieuses et tordues tout en étant artiste "mainstream" et je trouve que cela fait du bien.

M.I.A. a une voix et un son unique. J'adore la puissance de ses productions sans concession.




Tu seras en concert le 6 mai aux sentiers des Halles, qu’as-tu prévu, un concert acoustique ? Des surprises ?

Ce sera mon dernier concert parisien avant un moment, car je quitte Paris pour m'installer en Normandie, plus précisément dans le Cotentin. 
Je travaille en ce moment à un set d'une heure durant lequel je jouerai tous les morceaux de l'album et quelques morceaux des précédents Ep. Il y aura une partie acoustique et une partie électronique. Oui, il y aura des surprises. Mon musicien (batteur électronique) et moi avons réadapté certains morceaux de l'album, parfois de manière assez radicale et nous aurons la chance d'avoir une jolie création visuelle, grâce aux projections de Work.In.Processing d'Emmanuel Labard et Baptiste Guesnon (workinprocessing)




Un dernier mot pour la fin

Pour ceux qui voudraient en savoir plus et éventuellement me suivre, voici l'adresse de mon site où vous pourrez trouver tous les liens utiles : http://www.lidwine.com

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