lundi 14 juillet 2014

Marion MOTIN : Danseuse et Chorégraphe



En France, les émissions sur la "danse" ont dû mal à trouver leur public, mise à part « Danse avec les stars », les autres ont eu plus ou moins de succès. Récemment l’émission « The dancers » a été diffusé, après un bon démarrage, les audiences ont baissé et TF1 a décidé d’annuler cette émission, dommage. Aux Etats-Unis c’est tout le contraire, ce type de show est très prisé (« America’s best dancer », « So you think you can dance »…) et comme j’aime ce genre d’émission, les films musicaux, je me suis dit pourquoi ne pas interviewer un danseur professionnel plutôt une danseuse, mon choix s'est porté sur Marion Motin car j'aime beaucoup ce qu'elle fait et je voulais connaître son parcours, ses inspirations…




Si vous avez  fait partie des spectateurs qui ont regardé « The dancers », ce nom doit vous être familier, elle faisait partie du jury ! Elle est danseuse professionnelle, chorégraphe et elle a accepté de répondre à mes questions, enjoy :)


-Enfant, votre mère vous a inscrit à un cours de danse contemporaine et de danse classique mais plus tard vous préférez le hip-hop, quel artiste vous a donné d’évoluer vers cette danse ?
A 3 ans je faisais de l'éveil corporel, c'est à 5 ans que j’ai eu mes premier cours de classique puis de contemporain, j'ai tout de suite voulu faire du hip hop mais en province il n'y en avait pas. Ma prof de classique me disait que je devrais aller faire du french cancan car dès que j'en avais l'occasion je tournais sur moi à la Michael Jackson et je me jetais en écart américain! C'est plus l'esprit libre du hip hop qui m'attirait. 

-Dans le milieu du hip hop il y a peu de filles même si ça commence à changer ça reste un milieu très masculin, est-ce que les débuts ont été difficiles pour danser avec les mecs ou vous avez été accepté facilement ?


Aujourd'hui il y a énormément de filles dans le milieu hip hop. Mais ça ne m'a jamais embêté d'être avec des garçons, je n'ai eu que des hommes en "mentors" quasiment tous mes collègues étaient des mecs on devait être 5/6 filles dans mon entourage proche de danse. Ils ont le mental eux donc ça m'a permis d'être solide et de ne pas me laisser démonter en « battle ». J'en voulais, j'étais déterminée, je m’entraînais comme une dingue donc je n'ai pas eu de problèmes pour me faire accepter.


- « 7e sens » est la 1ère compagnie que vous avez intégré, vous avez fait des shows, des battles, quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?
7eme sens c'est plus qu'une compagnie c'est un « crew » ! On a usé nos joggings dans les centres commerciaux et sur des scènes avec des clous sur le sol, c'est là où tout a vraiment commencé pour moi dans le hip hop. J'en garde un très bon souvenir et régulièrement on se retrouve pour un diner "7eme sens n’co ».
Je continue à bosser de temps en temps avec certains des membres. C'est ma famille de cœur.

-En 2009 vous créez votre crew "SWAGGERS" exclusivement féminin, pouvez-vous nous en parler ?
Swaggers ça a été le début de mes propres décisions, j'ai formé ce crew à la base pour les battles et pour faire des shows, je voulais « fédérer » chez les femmes du milieu et  comme je n'avais que peu danser avec les filles, j'avais envie de leur apporter ce côté "déterminé". 
On s'est très vite fait remarqué dans des « contest chorégraphiques » et plus que les battles on a enchainé les performances scéniques. Aujourd'hui c'est ma compagnie et on prépare un spectacle de 50 min. On a une vraie structure et on est soutenue par des pôles chorégraphiques importants comme « la maison folie Wazemmes» à  Lilles, «Pôle Pik» à Bron, le CCN de Créteil et récemment les «HiverOclites» d'Avignon. Et tout ça grâce à des concours remportés. Je suis très fière de nous et de notre parcours semé d'embuches mais la détermination fait beaucoup! 



-A partir de quel moment avez-vous eu envie de devenir danseuse professionnelle ?
J'ai toujours eu envie d'être danseuse professionnelle, depuis petite c'était ça ou comédienne. Je ne me suis que très peu posé de questions. 

-Le rêve pour la plupart des danseurs était de danser soit avec Michael Jackson ou Madonna et vous vous avez eu l’opportunité de faire partie des danseurs de Madonna pour la tournée MDNA, comment s'est déroulé cette aventure ?
L'aventure avec Madonna a été riche en expérience car tout est plus grand qu'en France, la scène, le nombre de danseurs... Et c'est un apprentissage à l'américaine, l’Entertainment. C'est des bosseurs incroyables! On est un peu plus flémard nous...



-Les chorégraphes pour cette tournée étaient les frères TALAUEGA qui ont travaillé avecMichael Jackson, Chris Brown, Missy Elliot, Ciara… comment c’était de bosser avec eux ?
Les Frères Taluega sont cool! Généreux et gentils même si ils piquent des crises de colère mais c'est plus que compréhensible avec une équipe comme nous! J'avais déjà bossé avec eux sur un film et vraiment ils sont profondément passionnés et ça c'est très agréable car tu sens qu'ils aiment ce qu'ils font et ça te motive.


 -Vous êtes désormais chorégraphe, vous avez travaillé avec Stromae, Irma, Shy’m ou Christine and The Queens, comment se passe votre processus de création en générale ?

Je tiens à préciser que je n'ai jamais chorégraphié pour Shy'm. 

Mon processus de création diffère en fonction des gens avec qui je travaille et de ma "mood" du moment. Je travaille de manière très instinctive, avec des séances d'improvisation. Et lorsque je travaille avec des chanteurs ou chanteuses j'ai besoin de travailler avec eux pour voir ce qu'il se passe dans leur corps. J'ai besoin de les voir déambuler et appréhender l'espace. J'aime fusionner avec leur univers et ne pas leur imposer des choses, j'ai besoin qu'ils prennent du plaisir à faire les chorégraphies. Avant tout la danse c'est du plaisir !



-Vous donnez des cours de danse ou vous proposez des stages ? Comment cela se passe, c’est ouvert aux débutants?
Je ne donne pas de cours, je donne uniquement des stages et en général c'est pour des danseurs avertis. En stage j'ai du mal à initier les débutants sauf s’ils sont très motivés. En cours je suis très exigeante et c'est souvent très très intensif. Je veux que les élèves repartent avec des vraies clés et en ayant appris des choses pour pouvoir les retravailler et progresser. J'aime la progression, peu importe d'où elle part. 

-L’émission « The Dancers » s’est arrêté récemment faute d’audiences alors qu’aux Etats-Unis des émissions comme « So you think you can dance » ou America's Best Dance ont du succès! En France mise à part « Danse avec les stars » ou l’émission « La meilleure danse » c’est plus difficile, à votre avis pour quelle raison ?
Je pense qu'en France on ne prend pas de risques en tout cas dans le domaine "Entertaining" ;  pour prendre des risques il faut être un minimum en indépendant. On cherche toujours à rentrer ou à vous faire rentrer dans une case. Il faut correspondre à un mot ou un adjectif et surtout il faut plaire à la ménagère. Moi je pense qu'on sous-estime la ménagère. Elle aussi a le droit de rêver et aujourd’hui on ne laisse plus rêver on scelle, on compresse on enferme et on s'aligne sur tout le monde. Sauf que si on fait comme tout le monde où est la part de création personnelle? Et en vrai c'est cette part-là qui permet d'atteindre la sensibilité de l'autre. 



Avant de vouloir plaire aux autres il faut se faire plaisir et si tu prends ton pied on le ressentira. On aimera ou pas mais on le sentira. 

-Quels sont vos films musicaux favoris ?
Mes films musicaux favoris sont Moonwalker, Dirty dancing évidemment! Grease, mais aussi les Walt Disney, « Aladdin », « La Belle et la Bête »... En règle générale les films non musicaux m'inspirent plus. 




-Quels sont vos prochains défis ?
Mes prochains défis sont de faire danser beaucoup de monde sur scène et surtout de continuer de kiffer !! 



Interview sur le même thème : Hajiba Fahmy 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire